05/06/11

hondartzako hondakinak – demo CASSETTE (diy)


Le groupe le plus mystérieux du moment avec un nom imprononçable, en basque, et un son rugueux, dénué de tout artifice qui, du coup, conditionne un peu l’idée qu’on peut se faire de la musique proposée. En gros, ça me fait penser à tous les trucs « raw » du moment allant de lebenden toten à Firmeza 10. La musique d’hondartzako hondakinak (je remercie au passage la fonction copier/coller de mon ordinateur pour m’éviter de réécrire « hondartzako hondakinak » à chaque fois) est pourtant assez classique, dans le bon sens du terme, et mon petit doigt me dit que le traitement du son est plus subit que vraiment réfléchi et travaillé pour coller à une certaine mode du moment. Bon, en même temps on s’en fout un peu, ce qui compte c’est que quand on écoute cette démo on a invariablement envie de relancer la bande et de continuer à hocher la tête comme un débile. Ça tombe bien, c’est souvent la seule chose que je demande à un groupe de punk.
Voilà, cette cassette sans prétention ni prise de tête, avec des morceaux chantés en basque (mais des explications de texte en français, succinctes mains néanmoins rigolotes) est carrément cool et ça vaut vraiment le coup d’y jeter une oreille sans a priori, comme un surfeur des temps modernes qui se jetterait sur sa planche pour aller affronter les vagues déchainées de la côte atlantique. (Oui, effectivement, cette métaphore poético-nulle à chier n’a absolument rein à voir avec le reste de la chronique et arrive comme un cheveu sur la soupe mais je voulais quand même placer quelque part qu’ hondartzako hondakinak fait, au même titre que les beach boys, de la surf musique)
Pour ne rien gâcher, le dessin de la pochette noire et rouge est super beau et en plus, quand on le retourne, on dirait un poisson qui se fait percuter par un missile.


Dude Japan – simple linving CASSETTE (lost sound tapes)


Encore un groupe qui nous fait le coup du revival des années 90. Le truc c’est que quand c’est fait avec autant de classe on ne peut que s’incliner. Franchement tous les morceaux débordent de mélodies accrocheuses et de mélancolie, ça me fait un peu penser à un Dinosaur Jr qui aurait décidé de faire rentrer ses chansons dans un format pop traditionnel en enlevant les solos de gratte (ce qui serait dommage dans le cas de Jay Mascis, on est bien d’accord)
Bon, pour faire simple et éviter de tourner autour du pot pendant 107 ans, ce groupe est absolument mortel et celles et ceux qui ont des oreilles un peu sensibles aux mélodies pop faites avec des guitares devraient se jeter dessus.
Il y a 6 morceaux en tout, rien à jeter et la même chose sur les deux faces de la cassette bleue transparente.

Idiot Talk – demo CASSETTE (middle class zombies attack !/give us a chance)


J’associe ce groupe à Youth Avoiders sans trop savoir si c’est pertinent ou non. En tout cas ils partagent un label et se font un petit salut amical dans les remerciements. En plus, ils me font tous les deux penser aux groupe NO Way records et même si Youth Avoiders a un petit truc accrocheur en plus que je serais bien incapable d’expliquer, Idiot Talk signe ici 6 titres imparables qui fleurent bon le hardcore ricain dans ce qu’il a de moins prise de tête.
En parlant de tête, « Empty Heads » est un putain de tube qui donnera envie à n’importe qui de normalement constitué de chanter comme un débile en levant le doigt en l’air (tout en le secouant frénétiquement, avec un petit sourire au lèvre, dans cette attitude caractéristique qui donne ce qu’il coutume d’appeler « l’air con » à la plus grande partie de la population humaine)
Rien que pour ça cette cassette est indispensable.

Merchandise – Gone are the silk gardens of youth CASSETTE (cult maternal)


Si tu croises cette cassette dans une distro (ce qui est assez improbable par chez nous mais on ne sait jamais), il faudra vraiment être un fan hardcore du groupe pour savoir ce que c’est parce qu’il n’y a aucune information sur la jaquette. Ils ont rajouté un petit insert à l’intérieur qui n’en dit pas plus… il y a juste un collage sensé représenter la vierge mais il n’y a toujours pas le nom du groupes ou les titres des morceaux. Bref, Carson (le gars qui se cache derrière Merchandise) a rendu ses nouvelles chansons difficilement accessibles. Pourtant, dés que la bande commence à se dérouler, on retrouve l’atmosphère de l’album et les premiers morceaux auraient pu y figurer sans aucun problème. Il n’est pas question ici de trucs enregistrés à l’arrache pour combler un vide ou sortir un objet collector, il est question de putain de bons morceaux. Est-ce que je suis objectif ? Bien sûr que non ! Le LP (strange songs) in the dark tourne en boucle sur ma platine, dans ma voiture, dans mon walkman et c’est le disque le plus excitant que j’ai écouté cette année. Cette cassette continu les explorations du groupe, toujours aussi décomplexé, mélancolique et pop. Même la nouvelle version du titre « in the dark » est parfaitement à sa place (c’est en fait une version demo).
Il y a toujours les mêmes rythmes électroniques, du synthétiseur, une guitare shoegaze qui n’est jamais là où on l’attend, le spectre de New Model Army ou de My bloody Valentine et puis la voix mixée en avant comme un fil conducteur. Carson Cox chante comme nous quand on est sous la douche, sans se poser de questions, décomplexé sur ses effets et, de façon assez inexplicable, c’est absolument génial.  

01/06/11

Panzram – restraint CASSETTE (human crush recording)


One-side cassette (ils ont eu la bonne idée d’indiquer « blank » sur la face qui ne contient pas de musique) et packaging en tout point identique à la première sortie magnétique du groupe. Du coup on est en terrain connu. (Enfin si on a eu la démo entre les mains, ce qui limite finalement pas mal les chose et rend ma réflexion un peu mongole… mais il faut bien meubler un peu sinon je ne ferai que des chroniques de 3 lignes.)
Les premières notes de Bad Teeth résonnent dans le casque de mon walkman et toute la hargne poisseuse de Panzram me choppe à la carotide pour ne plus me lâcher jusqu’à la fin de la cassette. C’est du hardcore moderne comme on dit (je ne sais pas si on le dit vraiment en fait, mais ça illustre assez bien le style je trouve), mais là où plein de groupes vont sonner comme du sous converge en cherchant à faire quelque chose de léché, d’agréable à écouter pour des oreilles habituées à la musique bruyante, Panzram va plutôt se situer dans la régression jubilatoire et primaire. Le son est étouffé et colle bien à l’atmosphère particulière qui se dégage de cette cassette. Pour finir la face, il y une reprise de Fall des Psychedelic Furs qui  surprend un peu mais que Panzram arrive assez bien à s’approprier et qui ne donne pas l’impression d’un délire rajouté au dernier moment pour finir de remplir la bande (qui est toute façon loin de l’être) mais bien d’un morceau revisité par un groupe de hardcore sur lequel il devient urgent de se pencher un peu plus sérieusement.